Dr Mugesera jugé criminel de génocide plaide non coupable en appel et se pourvoit en cassation : un long proces de huit ans #rwanda #RwOT

La Cour a décidé que le discours incendiaire qu'il a prononcé en 1992 à Kabaya en Préfecture de Gisenyi a été ӑ l'origine des tueries des Bagogwe de 1993 et du génocide des Tutsi de 1994.

Un prononcé de jugement lu durant trois heures.
Il est revenu sur les raisons avancées par le condamné par la Haute Cour en Première instance où le condamné a avancé que tous les massacres et génocide de Tutsi dont il est accusé se sont déroulés quand il n'était plus au Rwanda.

Le prononcé de jugement revient sur la plainte du Condamné qui avançait qu'il ne lui a pas permis de s'expliquer et de fournir des témoins à décharge. Le prononcé trouve fondé l'intervention d'alors du Ministère Public qui disait que l'accusé n'avait pas fourni la liste de ces témoins pour qu'ils soient appelés à la barre.

Le prononcé de jugement de ce vendredi 25 septembre confirme la conclusion de la Haute Cour qui a statué sur le fait que le discours incendiaire de Mugesera prononcé à Kabaya le 22 novembre 1992 est sans contredit un discours d'appel à la haine contre les Tutsi, un appel direct et sans ambages de Hutu à éliminer les Tutsi, que les conséquences de ce discours ont déferlé sur le génocide de plus d'un million de Tutsi d'Avril-Juin 1994.

Des faux-fuyant detectes
Dans sa plaidoirie en appel, le condamné a clarifié la signification profonde de son discours, dit le juge qui faisait les conclusions des débats de ce long procès qui aura duré quelques huit ans. Pour Mugesera, il n'est pas question de sensibilisation à la haine ethnique. Il a dit qu'il appelait les militants du MRND/Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement au pouvoir d'alors à ne pas accepter de se laisser sous estimer, de ne pas tomber dans la trahison.

Le juge a passé beaucoup de temps à lire ces conclusions qui relevaient de grandes lignes de la plaidoirie de l'accusé accompagnées des interventions du Ministère public.

Apparemment, les faux-fuyants du condamné n'ont pas été pris au sérieux comme le fait que ce discours en question qui a déchainé les foules d'Interahamwe… " était destiné à sensibiliser les militants du MRND à user de leur bon sens au cours des élections qui étaient imminentes ".

Pourtant ce n'était pas l'objet de ce discours a dit la Cour. Dans la lecture de ces conclusions, le juge a dit que l'analyse dudit discours montre que les préoccupations haineuses étaient plus importantes que l'appel électoral. Selon lui, le mot INYENZI ou Cancrelats, qualificatif de Tutsi prêt à être écrasé a été cité par ce tribun quelque trente fois alors que le mot ELECTIONS n'est revenu que treize fois.

La Cour a montré que désignant dans son discours les Batutsi de SERPENTS, de CANCRELATS, Mugesera a suffisamment montré une grande quantité de haine qu'il vouait aux Batutsi et qu'il a tenté d'inoculer à la foule de Bahutu qui buvaient goulûment ses mots.

En foi de quoi, a déclaré le juge, Mugesera est reconnu coupable de sensibilisation publique et directe des masses à commettre le génocide des Tutsi car dans ses discours de Kabaya et de Nyamyumba, il a appelé les Bahutu à éliminer les Batutsi pour, disait-il, ils soient acheminés en Abyssinie/Ethiopie, d'où ils sont venus.
Le verdict a été sans appel : prison à vie.

Je suis contre la peine !!!
Eh ! Non ! Le condamné a encore un mot à dire. Ce n'est pas fini : " Je fais appel de ce verdict au vu de certains articles de la procédure pénale qui ont été violés ", a-t-il dit séance tenante.
Le monsieur ne s'avoue pas vaincu. Il s'est ainsi pourvu en cassation.

NDJ



Source : https://fr.igihe.com/Dr-Mugesera-juge-criminel-de-genocide-plaide-non-coupable-en-appel-et-se.html

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